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4 ans

Tu vois, la vie est faite de moments. Passé, présent, futur, ce n'est pas le fil qui reste, ce sont les instants. Instants tragiques, instants magiques, instant de rien, instant de tout.  En un instant tout bascule, en un instant tout s'éclaire. Tout passe, tout casse, tout lasse. Tout commence, tout fini. C'est ce qui manque, après: les instants.  Ils viennent de frapper en plein estomac, marquant de leur empreinte le vide que tu as laissé. Je me suis surprise cette année à de nouveau aimer le 1er mars, ce jour de renouveau, d'espoir, de retour du soleil et des oiseaux. Puis je me suis souvenue. Et je m'en suis voulue. J'ai toujours pas aimé la fête des pères sans père à fêter. Ça non. J'ai empli mon anniversaire de gens aimés, mais ça n'a pas suffit. J'ai encore 1000 fois eu le réflexe de t'appeler pour te raconter. J'entends encore le son de ta voix, tant mieux. Je t'ai encore détesté d'être parti si vite, si jeune. Je suis toujour...

Soignons

Le sujet c'est toi. C'est moi. Lui, elle, eux, ton pire ennemi, ton meilleur ami. Ton patron détesté (ou adoré d'ailleurs), ta collègue préférée. La vieille dame du 5e. La jolie blonde au bout de la rue. Le sdf devant la boulangerie, le fils de la voisine, ta fille, ton casse cou de neveu. Ton père, ta belle-mère, ta mamie chérie. Tous. Tous. Tous un jour. Un jour, chacun d'entre nous aura besoin de soin. D'un peu de soin. Ou de beaucoup de soins. Tous. Impossible d'y échapper, tu as été, tu es ou tu seras concerné. Alors: leur manifestion c'est la tienne aussi, c'est la nôtre. Depuis des semaines, des mois, des années, tous les personnels soignants hurlent dans le vide. Chaque jour le journal annonce un ou plusieurs services d'urgences fermé. Hier la démission de tous les chefs de service de l'hôpital des enfants. Tous. Ils n'en peuvent plus de ne pas pouvoir décemment te soigner. Ils n'en peuvent plus de ne pas pouvoir t'accu...

Soirée régression

Soirée régression. C'était fun de les retrouver (presque parce que Luke Perry est mort cette année tu sais) tous. C'était fun et ma foi plutôt réussi. Plutôt drôle, bourré d'autodérision, de références, et de clins d'oeil à l'original. Rassurant aussi. Eux aussi ont vieilli, quand même. Bon, comme dans la vie les filles prennent plus cher (en chirurgie esthétique) que les mecs (couaaaaac même Steeve le pas beaublondbouclésourireemaildiamantlamagiedublanc est devenu canon).  On retrouve tous les ingrédients du soap d'origine, ne nous y trompons pas: les coucheries, les bagarres, les gueules de bois, les bons sentiments et les belles valeurs, on s'aime on est amis pour la vie, on se fait des crasses, on s'excuse on se pardonne on est amis pour la vie etc etc etc...  Une dose de diversité, toute petite, c'est l'amérique de trump tout de même (ouai sans majuscule, j'aime bien mettre des majuscules en début de phrase, et aux mots qui ont de l'...

Libertés maltraitées

Tu as vu comme l'automne s'est installé ? Comme la nature se pare de couleurs chaudes, comme elle se met sous la couette avant de s'endormir pour un long hiver? Tu as vu comme l'humanité fait de même ? Comme elle se met tout entière sous la couette et attend que ça passe? Toi aussi tu as envie de hurler: mais réveillez-vous! Revoltez-vous! Vous n'avez donc aucune mémoire? Vous trouvez ça normal d'humilier les différences? Vous trouver ça normal d'humilier la maman d'un môme de 10 ans sous ses yeux? Vous trouver ça normal de nier le droit d'aimer? Qu'entend il cet enfant sinon: dégage, on ne veut pas de ta différence (avec l'ordre catholique millenairement établi? Avec la couleur de la majorité ? Avec le sang qui coule dans nos veines? Avec la couleur de nos os? Ou la noirceur de notre bienpensance?) Qu'entend elle cette maman sinon: reste chez toi on ne veut pas te voir au sein de la République, Marianne n'est pas pour toi. Et la libe...

Les clairs de lune du Lycée

Souvenirs d'une tendre époque... Nous passions nos semaines au lycée, sérieux plus ou moins, dans l'attente c'est certain de la prochaine fois, la prochaine fiesta, savourant néanmoins le bonheur quotidien de se retrouver, chaque jour, sous la grande casquette devant la gare. Et nos weekends à danser, les uns chez les autres. Sans alcool, sans stupéfiant, la musique et nos rires comme seules addictions. Et marcher, la nuit, sur nos routes de campagne. Qu'elles étaient douces, ces nuits, en toutes saisons. Qu'elles étaient belles, nos routes au clair de lune. Au collège c'était chez les filles que nous nous retrouvions, souvent. Au lycée, les filles avaient déserté, les groupes avaient changé, mais les bonheurs simples étaient toujours nos plus fiers alliés. Nos feux à la sainte Vierge. Nos toiles de tente dans les jardins les uns des autres. Les étoiles toujours éclairant nos rêv...

On oublie tout

Alors écrire ce soir, comme une évidence. A quel sujet? Le choix m'embarrasse tu vois, entre l'usine renvoyant ses déchets brûlants sur les vaches blanches rousses et noires sur lesquelles tombe la pluie, noire aussi... L'usine brûle, la Terre brûle, le ciel noirci, et le monde continue. Et breaking news. Chirac a tiré sa révérence. Wow. Chirac quoi. Ok avoue, toi aussi tu avais presque oublié qu'il était encore vivant? Non? Bon bah moi si, un peu quand même. Ce n'est pas le président de mon enfance, c'est celui du début de mon éveil politique. Tu te souviens de ses élections? La 1ère, 1995, nous étions en Angleterre avec les 1eres. Du haut de nos 17 ans, qu'est ce qu'on s'est écharpés, sûrs de nos convictions, de nos idées absolument mais absolument pas du tout issues de celles de nos parents, non non non, on avait la science po infuse nous! La 2e, en 2002. Ok on ne se souvient que de la date du 1er tour, le 21 avril. De la honte. La Hon...

AZF 18 ans après

C'était il y a 18 ans. Jour pour jour. Bon sang. Aucun toulousain n'oubliera ce jour. Jamais. J'y pense chaque fois que je passe sur ce bout de rocade. Chaque fois que j'entends une détonation aussi. C'est que ça imprime son souvenir, une usine qui explose à 10h du matin. Une belle journée commençait. Un grand soleil de fin d'été, un ciel sans nuage. J'étais toulousaine depuis 10 jours et je commençais ma première journée de travail en intérim dans une clinique. Voilà, kiffe ton bonheur d'être soignant diplômé depuis moins d'un an quand le chaos frappe à ta porte. J'allume une clope en salle de pause. BOUM Je me lève d'un coup BOUM Certaine que la clinique avait sauté. Que j'allais ouvrir la porte sur le vide. Sortir. Comprendre. Personne n'est blessé. Tout à bougé, les blocs sont dans le noir, mais ici, tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien. A part que les vitres ont volé un peu partout. On attend. Les consignes...